Portrait
Un souvenir commun
Nika Soren intervient lorsque l’histoire a déjà trouvé ses mots, sa durée, son rythme et sa fréquence. Son objectif n’est pas de produire de « beaux dessins », mais de créer des lieux irréels qui donnent pourtant l’impression d’avoir déjà été traversés. Le dessin doit disparaître assez vite pour que le spectateur cesse de regarder une image et commence à reconnaître un lieu.
« Elle ne dessine pas des lieux. Elle dessine le souvenir que vous en aurez. »
Méthode
Le détail avant l’impression
Elle semble regarder peu et enregistre presque tout : une façade, une lumière, une matière, la forme d’un lampadaire. Après une longue phase de recherche, elle dessine très vite, parfois dans une frénésie dont elle se souvient mal le lendemain. Très perfectionniste et peu consciente de son talent, elle peut vouloir recommencer une image déjà réussie ; Élian doit parfois l’arrêter.
Atelier
Projeter avant de croire
Son atelier de Varon est dense, rempli d’outils, de câbles, de surfaces de travail et d’un grand projecteur. Nika y projette ses décors à grande échelle pour vérifier la lumière, les couleurs et surtout la sensation d’être réellement à l’intérieur du lieu. Elle ne signe pas ses œuvres : le monde doit rester devant, l’autrice derrière.
Le Pilier
Un lieu qu’elle ne dessine plus
Nika refuse désormais de représenter le Complexe pénitentiaire du Pilier. La précision de ses dessins lui a valu plusieurs fois d’être accusée de fournir aux prisonniers des indications susceptibles de faciliter une évasion. Elle a surtout vécu comme une humiliation qu’on lui prête une intention étrangère à son travail.